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⚖️ Guide DSA

Article 37 du DSA :
Comprendre l'audit indépendant des très grandes plateformes

Qui vérifie que les plus grandes plateformes respectent vraiment leurs obligations ? L'article 37 du DSA (Digital Services Act) les oblige à se soumettre, au moins une fois par an et à leurs frais, à un audit réalisé par une organisation indépendante. Voici ce que l'audit contrôle, qui peut le réaliser, ce que contient le rapport et comment le lire.

Article 37 du règlement (UE) 2022/2065
Applicable aux très grandes plateformes depuis 2023
Mise à jour le 19 octobre 2026
Lecture : 13 minutes
À retenir en 30 secondes
  • Les très grandes plateformes en ligne et les très grands moteurs de recherche doivent se soumettre, au moins une fois par an et à leurs frais, à un audit indépendant.
  • L'audit vérifie le respect de leurs obligations au titre du DSA (modération, réclamations, transparence, risques systémiques…) et de leurs engagements dans les codes de conduite et les protocoles de crise.
  • L'auditeur rend un avis « positif », « positif et assorti de commentaires » ou « négatif » ; s'il n'est pas « positif », il formule des recommandations, et la plateforme a un mois pour dire comment elle y donne suite.
  • Les rapports d'audit et de mise en œuvre sont rendus publics au plus tard trois mois après la réception du rapport d'audit : ils ne parlent pas de votre cas, mais montrent comment un regard extérieur juge la plateforme.
01 — Le principe

Ce que l'article 37 du DSA impose

Le DSA impose aux plateformes de nombreuses obligations : vous expliquer leurs décisions de modération (article 17 du DSA), traiter vos réclamations (article 20 du DSA), publier des rapports de transparence (article 15 du DSA)… Mais comment savoir si elles les respectent vraiment ?

Pour les plus grandes d'entre elles, l'article 37 du DSA apporte une première réponse : un audit indépendant. Chaque année, une organisation extérieure, qui n'a pas de lien d'intérêt avec la plateforme, examine ses procédures, ses données et ses systèmes, puis rend un avis écrit et motivé sur le respect de ses obligations.

Une très grande plateforme ne peut pas se contenter de dire qu'elle respecte le DSA : un auditeur indépendant doit le vérifier chaque année.

Le principe est proche de celui de l'audit des comptes d'une entreprise. L'auditeur ne remplace ni les autorités ni les juges : il ne sanctionne pas et ne tranche aucun litige individuel. Mais son rapport est transmis à la Commission européenne et au coordinateur pour les services numériques compétent, puis rendu public. Il devient ainsi un outil de contrôle pour les autorités et une source d'information pour les utilisateurs.

02 — Le champ d'application

Qui est concerné ?

L'article 37 du DSA ne s'applique pas à toutes les plateformes. Il vise uniquement les services les plus utilisés dans l'Union européenne.

📌
Les notions de « très grande plateforme en ligne » et de « très grand moteur de recherche en ligne »

Une plateforme en ligne est un service qui stocke les contenus de ses utilisateurs et les diffuse au public : réseau social, plateforme vidéo, place de marché, boutique d'applications… Un moteur de recherche en ligne permet de chercher des informations sur l'ensemble des sites internet.

Une plateforme ou un moteur de recherche devient « très grand » lorsque deux conditions sont réunies : il compte en moyenne au moins 45 millions d'utilisateurs actifs par mois dans l'Union, et la Commission européenne l'a désigné comme tel par une décision (article 33 du DSA). Les obligations renforcées, dont l'audit, s'appliquent quatre mois après la notification de cette décision.

Ce seuil correspond à environ 10 % de la population de l'Union. Les premières désignations datent d'avril 2023. La Commission tient à jour la liste des services désignés.

Pour simplifier la lecture, ce guide parle le plus souvent de « très grande plateforme » pour désigner ces deux catégories de services.

L'audit fait partie d'un ensemble d'obligations propres aux très grandes plateformes : évaluer chaque année les risques systémiques liés à leur service (article 34 du DSA), prendre des mesures pour les atténuer (article 35 du DSA), et publier des rapports de transparence renforcés (article 42 du DSA). L'audit vient vérifier l'ensemble.

03 — L'objet de l'audit

Ce que l'audit vérifie

Trois éléments ressortent de ce paragraphe : l'audit a lieu au moins une fois par an, il est payé par la plateforme, et il porte sur deux ensembles de règles.

a

Les obligations du chapitre III du DSA

Le chapitre III regroupe les obligations de « diligence » des services en ligne, des articles 11 à 48 du DSA. C'est le cœur du règlement. Il comprend notamment :

  • les conditions générales claires et appliquées de façon proportionnée (article 14 du DSA) ;
  • le traitement des signalements de contenus illicites (article 16 du DSA) et l'exposé des motifs des décisions de modération (article 17 du DSA) ;
  • le système interne de traitement des réclamations (article 20 du DSA) et l'accès aux organismes de règlement extrajudiciaire des litiges (article 21 du DSA) ;
  • les rapports de transparence, l'évaluation et l'atténuation des risques systémiques, ou encore l'option d'un fil d'actualité non personnalisé (article 38 du DSA).
b

Les engagements volontaires de la plateforme

Le DSA encourage l'élaboration de codes de conduite, par exemple sur la désinformation ou la publicité en ligne (articles 45 et 46 du DSA), et de protocoles de crise en cas de menace grave pour la sécurité ou la santé publiques (article 48 du DSA). Ces textes ne sont pas obligatoires. Mais lorsqu'une très grande plateforme y a souscrit, l'auditeur vérifie aussi qu'elle tient les engagements qu'elle y a pris.
🔎
Un avis obligation par obligation
Le règlement délégué (UE) 2024/436, qui précise les règles des audits, prévoit que l'auditeur se prononce sur chaque obligation et chaque engagement audités, et non seulement de façon globale. Un même rapport peut donc juger une obligation respectée et en juger une autre non respectée.
04 — La coopération

La coopération de la plateforme avec l'auditeur

Un audit n'a de valeur que si l'auditeur peut voir ce qui se passe réellement. Le DSA impose donc à la plateforme trois séries d'obligations envers lui.

1

Donner accès aux données et aux locaux

La plateforme doit ouvrir à l'auditeur toutes les données et tous les locaux pertinents : statistiques de modération, documentation de ses outils, procédures internes, échantillons de décisions…
2

Répondre aux questions

Elle doit répondre aux questions orales et écrites de l'auditeur, en temps utile, pour que l'audit puisse être mené efficacement.
3

Ne pas entraver l'audit

Il lui est interdit d'entraver l'audit, de l'influencer indûment ou de le compromettre.

En contrepartie, l'auditeur est tenu à la confidentialité et au secret professionnel, y compris après la fin de l'audit. C'est pourquoi les rapports publiés peuvent être des versions expurgées, dont les informations confidentielles ont été retirées. Les versions complètes sont transmises aux autorités (article 42, paragraphe 5, du DSA).

05 — L'auditeur

Un auditeur réellement indépendant

La plateforme choisit et rémunère elle-même son auditeur. Pour éviter qu'il soit complaisant, le DSA fixe des conditions strictes.

Concrètement, l'organisation qui réalise l'audit doit remplir cinq conditions.

1

Pas de conflit d'intérêts a)

Elle est indépendante de la plateforme et des sociétés de son groupe. Elle ne doit pas, par exemple, avoir conseillé la plateforme sur la manière de se mettre en conformité, puis vérifier elle-même le résultat.
2

Douze mois sans autre mission avant et après a) i)

Elle n'a fourni à la plateforme aucun autre service que l'audit, en rapport avec l'objet de l'audit, au cours des douze mois précédant le début de l'audit. Et elle s'engage à ne pas en fournir pendant les douze mois suivant sa clôture.
3

Pas plus de dix ans de suite a) ii)

Une même organisation ne peut pas auditer la même plateforme au titre du DSA pendant plus de dix années consécutives. Cette rotation limite les relations trop installées.
4

Des honoraires indépendants du résultat a) iii)

Sa rémunération ne peut pas dépendre de la conclusion de l'audit. Un auditeur ne peut donc pas être mieux payé parce qu'il rend un avis favorable.
5

Expertise, objectivité et éthique b) c)

Elle dispose d'une expertise avérée en gestion des risques, des compétences techniques et des moyens nécessaires. Elle démontre son objectivité et son éthique professionnelle, notamment en adhérant à des codes de pratique ou à des normes appropriées.

En pratique, ces audits sont le plus souvent confiés à des cabinets d'audit et de conseil. Le DSA encourage aussi l'élaboration de normes volontaires européennes et internationales pour les audits (article 44 du DSA).

06 — Le rapport

Le rapport d'audit et ses trois avis possibles

Le rapport doit être écrit et motivé : l'auditeur explique comment il a travaillé et sur quoi il fonde ses conclusions. Il indique la période couverte, ce qui a été audité, la méthode suivie et les tiers consultés. Au centre du rapport figure l'avis d'audit, qui ne peut prendre que trois formes.

1

« Positif »

L'auditeur estime que la plateforme respecte l'obligation ou l'engagement audité. Aucune recommandation n'est exigée.
2

« Positif et assorti de commentaires »

L'auditeur estime que l'obligation est respectée, mais relève des points à améliorer. Comme l'avis n'est pas purement « positif », le rapport doit contenir des recommandations opérationnelles et un calendrier.
3

« Négatif »

L'auditeur estime que l'obligation ou l'engagement n'est pas respecté. Le rapport doit indiquer les mesures précises à prendre pour se mettre en conformité et dans quel délai.

Quand l'auditeur ne peut pas se prononcer

Il arrive que l'auditeur ne puisse pas vérifier certains points, par exemple parce que les données nécessaires n'existent pas ou parce qu'une obligation venait d'entrer en application. Le rapport ne peut alors pas passer ces points sous silence : il doit dire lesquels n'ont pas été audités, et pourquoi.

07 — Les suites

Après l'audit : recommandations et publication

Un audit qui n'est pas « positif » ouvre une nouvelle étape. La plateforme n'est pas obligée d'appliquer chaque recommandation à la lettre, mais elle ne peut pas les ignorer : elle doit en tenir « dûment compte » et s'expliquer publiquement.

1
Le rapport d'audit est remis à la plateforme
Il contient les avis et, lorsque l'avis n'est pas « positif », les recommandations opérationnelles et le calendrier proposé.
2
Un mois pour adopter un rapport de mise en œuvre
Dans le mois qui suit la réception des recommandations, la plateforme adopte un rapport de mise en œuvre des recommandations d'audit qui décrit les mesures qu'elle prend.
3
Se justifier si elle ne suit pas une recommandation
Si elle n'applique pas une recommandation, elle doit en donner les motifs et exposer les autres mesures prises pour corriger le manquement relevé.
4
Transmission aux autorités et publication
Les deux rapports sont transmis à la Commission européenne et au coordinateur pour les services numériques du pays d'établissement, puis rendus publics au plus tard trois mois après la réception du rapport d'audit.

La publication est donc groupée : en même temps que le rapport d'audit et le rapport de mise en œuvre, la très grande plateforme publie les résultats de son évaluation des risques systémiques (article 34 du DSA) et ses mesures d'atténuation (article 35 du DSA). Elle peut retirer des versions publiques les informations confidentielles ou sensibles pour la sécurité, à condition de transmettre les versions complètes aux autorités en expliquant pourquoi (article 42, paragraphe 5, du DSA).

Des règles communes fixées par la Commission

La Commission a utilisé cette possibilité en adoptant le règlement délégué (UE) 2024/436 du 20 octobre 2023, publié au Journal officiel le 2 février 2024. Il précise notamment la méthode de l'audit, le niveau d'assurance attendu de l'auditeur (une assurance « raisonnable », c'est-à-dire un niveau de confiance élevé mais non absolu) et les modèles communs du rapport d'audit et du rapport de mise en œuvre, qui figurent en annexe. Grâce à ces modèles, les rapports des différentes plateformes suivent la même structure.

Les premiers rapports d'audit des très grandes plateformes ont été publiés à la fin de l'année 2024. Ils sont depuis publiés chaque année.

08 — En pratique

Ce que l'audit peut vous apporter

Un rapport d'audit est un document long et technique, souvent rédigé en anglais. Il peut pourtant être utile à un utilisateur, à condition de savoir ce qu'il faut y chercher.

Pourquoi cela vous concerne

1

Un regard extérieur sur les promesses de la plateforme

Les conditions générales, les pages d'aide et les rapports de transparence sont rédigés par la plateforme elle-même. L'audit est l'un des rares documents publics où une organisation indépendante dit si les procédures annoncées fonctionnent réellement.
2

Les obligations qui touchent directement les utilisateurs

L'audit couvre notamment l'exposé des motifs des décisions de modération (article 17 du DSA), le traitement des réclamations (article 20 du DSA), le signalement des contenus illicites (article 16 du DSA) ou l'accès aux organismes de règlement extrajudiciaire des litiges (article 21 du DSA). Vous pouvez y lire ce que l'auditeur a constaté sur ces points.

Comment lire un rapport d'audit

1
Vérifiez la période couverte et l'auditeur
Elles figurent au début du rapport. Une décision prise avant ou après cette période n'est pas concernée par ses conclusions.
2
Repérez l'obligation qui vous intéresse
Les rapports suivent en général l'ordre des articles du DSA. Cherchez l'article concerné, par exemple l'article 17 du DSA ou l'article 20 du DSA.
3
Lisez l'avis et sa motivation
« Positif », « positif et assorti de commentaires » ou « négatif » : l'avis seul ne suffit pas. Les commentaires et les constats de l'auditeur expliquent ce qui fonctionne et ce qui pose problème.
4
Regardez les recommandations et leur calendrier
Elles indiquent les mesures que l'auditeur juge nécessaires et le délai recommandé pour les prendre.
5
Repérez les points non audités
Le rapport doit indiquer ce que l'auditeur n'a pas pu vérifier et pourquoi. Un point non audité n'est ni validé ni critiqué.
6
Lisez le rapport de mise en œuvre
Il dit, recommandation par recommandation, ce que la plateforme a décidé de faire, et pourquoi elle n'en suit pas certaines. Le rapport d'audit de l'année suivante permet ensuite de vérifier si ces mesures ont été prises.

Où trouver les rapports

Les rapports sont en général publiés sur le site de la plateforme, dans son « centre de transparence » ou sa page consacrée au DSA. La Commission européenne rassemble aussi, pour chaque très grande plateforme, les liens vers ses rapports d'évaluation des risques, rapports d'audit et rapports de mise en œuvre. Pour les chiffres de modération, consultez aussi les rapports de transparence (article 42 du DSA), repris plateforme par plateforme sur l'observatoire des plateformes.

⚠️
Un avis sur des procédures, pas sur votre dossier

L'auditeur examine des procédures et des échantillons, sur une période donnée. Un avis « positif » ne signifie pas que chaque décision de la plateforme est correcte, et un avis « négatif » ne prouve pas que la décision prise à votre égard est erronée. Seuls les éléments de votre dossier permettent d'en juger.

Si vous citez un rapport d'audit, indiquez la plateforme, la période couverte et le passage concerné, et présentez-le comme un éclairage plutôt que comme une preuve.

📣
Qui contrôle les très grandes plateformes ?
La Commission européenne est chargée de surveiller le respect des obligations propres aux très grandes plateformes, dont l'audit. Elle s'appuie notamment sur les rapports d'audit. Si vous estimez qu'une plateforme ne respecte pas le DSA, vous pouvez introduire une plainte auprès du coordinateur pour les services numériques de votre pays (article 53 du DSA). La Commission européenne publie la liste des coordinateurs de tous les États membres.
09 — Cas pratique

Un exemple concret

Votre réclamation contre le retrait d'une de vos publications a été rejetée par une très grande plateforme, avec une réponse très brève. En cherchant à comprendre, vous trouvez le dernier rapport d'audit de la plateforme. Pour l'obligation de l'article 20 du DSA sur le traitement des réclamations, l'avis est « positif et assorti de commentaires ». Selon votre lecture, ce rapport vous aidera ou vous induira en erreur.

✕ Lecture hâtive
« L'audit est positif : la plateforme traite donc correctement les réclamations, et ma contestation n'a aucune chance. »

ou, à l'inverse :

« L'audit contient des commentaires : c'est la preuve que ma réclamation a été mal traitée. »
  • Seul le mot « positif » a été lu
  • Les commentaires et recommandations sont ignorés
  • La période couverte n'est pas vérifiée
  • Un avis général est appliqué à un cas individuel
✓ Lecture attentive
« Pour l'article 20 du DSA, l'auditeur conclut au respect de l'obligation sur la période [période], mais relève [résumer le commentaire, par exemple sur la motivation des réponses aux réclamations]. Il recommande [mesure] dans un délai de [délai]. Dans son rapport de mise en œuvre, la plateforme indique [mesure annoncée ou motifs]. Ma réclamation a été traitée le [date] : je vérifie si elle entre dans la période auditée, puis je fonde ma nouvelle démarche sur les éléments de mon dossier. »
  • Avis, commentaires et recommandations lus ensemble
  • Rapport de mise en œuvre consulté
  • Période vérifiée
  • Rapport utilisé comme contexte, pas comme preuve

Un avis « positif et assorti de commentaires » signifie que l'obligation est jugée respectée, avec des points à améliorer. Il ne dit rien de votre réclamation en particulier. Mais il peut vous aider à formuler une demande plus précise, par exemple une demande de motivation plus complète, puis, si le désaccord persiste, à saisir un organisme de règlement extrajudiciaire des litiges (article 21 du DSA).

10 — Vos questions

Questions fréquentes sur l'article 37 du DSA

Non. L'article 37 du DSA ne concerne que les très grandes plateformes en ligne et les très grands moteurs de recherche en ligne : ceux qui comptent en moyenne au moins 45 millions d'utilisateurs actifs par mois dans l'Union et que la Commission européenne a désignés comme tels (article 33 du DSA).

La plateforme choisit son auditeur et l'audit est réalisé à ses frais (article 37, paragraphe 1, du DSA). Pour garantir son indépendance, l'auditeur ne doit pas être en conflit d'intérêts, ne doit pas avoir fourni d'autres services liés à l'objet de l'audit dans les douze mois précédents, ne peut pas auditer la même plateforme plus de dix ans de suite, et ses honoraires ne peuvent pas dépendre du résultat (article 37, paragraphe 3, du DSA).

L'auditeur estime que l'obligation est respectée, mais il relève des points à améliorer. L'avis n'étant pas purement « positif », le rapport doit contenir des recommandations opérationnelles et un calendrier (article 37, paragraphe 4, point h), du DSA), et la plateforme doit adopter un rapport de mise en œuvre dans le mois (article 37, paragraphe 6, du DSA).

L'auditeur formule des recommandations sur les mesures à prendre et le délai pour les mettre en œuvre. La plateforme dispose d'un mois pour adopter un rapport de mise en œuvre. Si elle ne suit pas une recommandation, elle doit expliquer pourquoi et décrire les autres mesures prises. L'auditeur ne sanctionne pas : c'est la Commission européenne qui surveille le respect du DSA par les très grandes plateformes et qui peut, le cas échéant, ouvrir une procédure.

Sur le site de la plateforme, souvent dans son centre de transparence, et via la page de la Commission européenne qui rassemble les rapports des très grandes plateformes. Ils doivent être publiés au plus tard trois mois après la réception du rapport d'audit, avec le rapport de mise en œuvre et les résultats de l'évaluation des risques (article 42, paragraphe 4, du DSA).

Les versions publiques peuvent omettre les informations confidentielles ou celles dont la publication pourrait nuire à la sécurité du service, à la sécurité publique ou aux utilisateurs (article 37, paragraphe 2, du DSA et article 42, paragraphe 5, du DSA). Les versions complètes sont transmises à la Commission européenne et au coordinateur pour les services numériques compétent.

Non. L'audit porte sur le fonctionnement général de la plateforme, pas sur des décisions individuelles, et le DSA ne prévoit pas de recours des utilisateurs contre un rapport d'audit. Pour une décision qui vous concerne, utilisez le système interne de réclamation (article 20 du DSA) ou un organisme de règlement extrajudiciaire des litiges (article 21 du DSA) ou la justice.

Texte officiel et sources

Articles