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⚖️ Guide DSA

Article 53 du DSA :
Déposer une plainte contre une plateforme

Signalements ignorés, réclamations sans réponse, compte supprimé sans explication, aucun moyen de contacter le service : lorsqu'une plateforme ne respecte pas ses obligations, l'article 53 du DSA (Digital Services Act) vous permet de le signaler à une autorité publique, le coordinateur pour les services numériques de votre pays. Voici qui peut porter plainte, auprès de qui, ce que devient la plainte et ce qu'elle ne peut pas faire.

Article 53 du règlement (UE) 2022/2065
Applicable depuis le 17 février 2024
Mise à jour le 20 octobre 2026
Lecture : 12 minutes
À retenir en 30 secondes
  • Tout utilisateur peut porter plainte contre un service en ligne qui ne respecte pas le DSA, lui-même ou par l'intermédiaire d'un représentant qu'il mandate.
  • La plainte se dépose auprès du coordinateur pour les services numériques du pays où vous vous trouvez. La Commission européenne publie la liste des coordinateurs de tous les États membres.
  • Le coordinateur évalue la plainte et la transmet, si nécessaire, à l'autorité compétente, souvent celle du pays où la plateforme est établie.
  • La plainte vise le manquement de la plateforme. Elle ne règle pas votre litige personnel : pour récupérer un compte ou un contenu, d'autres voies existent.
01 — Le principe

Ce que l'article 53 du DSA vous permet

Le DSA impose de nombreuses obligations aux services en ligne : offrir un point de contact (article 12 du DSA), traiter les signalements (article 16 du DSA), motiver les décisions de modération (article 17 du DSA), examiner les réclamations (article 20 du DSA)… Mais que faire lorsqu'une plateforme ne les respecte pas ?

L'article 53 du DSA vous donne un droit précis : celui de porter plainte auprès d'une autorité publique, chargée de veiller au respect du règlement.

La réclamation s'adresse à la plateforme. La plainte s'adresse à l'autorité qui la contrôle.

C'est un point essentiel. Lorsque vous contestez une décision de modération, vous discutez avec la plateforme elle-même, ou avec un organisme de règlement extrajudiciaire. Avec l'article 53 du DSA, vous alertez le régulateur : vous lui signalez qu'un service ne respecte pas la loi, pour qu'il puisse vérifier et, le cas échéant, agir.

02 — Les plaignants

Qui peut porter plainte ?

L'article 53 du DSA ouvre la plainte à deux catégories de personnes.

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Les destinataires du service

C'est-à-dire toute personne qui utilise un service en ligne, pour publier des contenus ou simplement pour les consulter : particuliers, professionnels, créateurs, commerçants, associations, médias. Vous n'avez pas besoin d'avoir un compte suspendu ou un contenu retiré : il suffit d'utiliser le service et de constater un manquement.
2

Les représentants mandatés

Vous pouvez aussi confier votre plainte à un représentant, en lui donnant mandat d'agir pour votre compte. Dans tous les États membres, le DSA vous garantit au moins le droit de mandater un organisme, une organisation ou une association qui remplit trois conditions (article 86 du DSA) :

  • elle agit sans but lucratif ;
  • elle a été régulièrement constituée selon le droit d'un État membre ;
  • ses statuts prévoient un intérêt légitime à faire respecter le DSA.

Ce socle n'est pas exclusif. Le DSA s'applique sans préjudice des autres formes de représentation prévues par le droit national. Selon les règles du pays de l'autorité saisie, vous pouvez aussi, par exemple, vous faire représenter par un avocat.

Le considérant 149 du DSA le confirme : ce droit de mandater un représentant couvre notamment le dépôt de plaintes contre les fournisseurs pour infraction au règlement, et s'ajoute aux autres types de représentation prévus par le droit national.

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Se faire accompagner
Une association de consommateurs, de défense des droits ou de protection de l'enfance qui remplit ces trois conditions peut ainsi porter une plainte en votre nom, ou réunir plusieurs situations similaires. L'article 86 du DSA prévoit aussi que les réclamations déposées par ces organisations auprès des plateformes en ligne, pour le compte des utilisateurs, soient traitées en priorité. Ce traitement prioritaire est réservé aux organisations de l'article 86 du DSA : il ne bénéficie pas aux autres représentants.
03 — Le champ

Contre qui, et pour quels manquements ?

La plainte peut viser n'importe quel fournisseur de services intermédiaires, quelle que soit sa taille.

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La notion de « service intermédiaire »

Le DSA regroupe sous ce terme trois catégories de services : le simple transport (accès à internet, réseaux privés virtuels), la mise en cache (réseaux de diffusion de contenus) et l'hébergement, qui stocke les contenus que vous lui confiez.

Parmi les hébergeurs, les plateformes en ligne diffusent en plus ces contenus au public : réseaux sociaux, plateformes vidéo, places de marché, sites d'annonces. Pour simplifier, ce guide parle le plus souvent de « plateforme ».

La plainte doit invoquer une infraction au DSA, c'est-à-dire le non-respect de l'une des obligations du règlement. Par exemple :

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Impossible de joindre le service

Aucun point de contact, ou seulement un assistant automatique, alors que l'article 12 du DSA impose un moyen de communication qui ne repose pas uniquement sur des outils automatisés.
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Des signalements sans suite

Pas de mécanisme de signalement facile d'accès, pas d'accusé de réception, pas de décision communiquée (article 16 du DSA).
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Des décisions non motivées

Un compte supprimé ou un contenu retiré sans exposé des motifs clair et précis (article 17 du DSA).
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Des réclamations ignorées

Pas de système de réclamation, des réclamations sans réponse, ou des rejets entièrement automatisés (article 20 du DSA).
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D'autres obligations du règlement

Conditions générales incompréhensibles ou appliquées de façon disproportionnée (article 14 du DSA), refus de participer à une procédure de règlement extrajudiciaire (article 21 du DSA), absence de rapport de transparence (article 15 du DSA), protection insuffisante des mineurs, interfaces trompeuses…
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Le comportement de la plateforme, pas le contenu
La plainte porte sur ce que fait, ou ne fait pas, le service. Un contenu illicite en lui-même (une insulte, une arnaque, une diffamation) se signale d'abord à la plateforme ou, selon le cas, à la police ou à l'autorité spécialisée.
04 — L'autorité

Auprès de quelle autorité ?

La plainte se dépose auprès du coordinateur pour les services numériques de l'État membre dans lequel vous êtes situé ou établi. Autrement dit : dans votre pays, même si la plateforme est établie ailleurs dans l'Union.

Chaque État membre a désigné son coordinateur. C'est une autorité publique indépendante, chargée de surveiller les services en ligne et de faire appliquer le DSA (article 49 du DSA).

1

Trouver le coordinateur de votre pays

La Commission européenne publie la liste des coordinateurs pour les services numériques de tous les États membres, avec un lien vers le site de chacun. C'est sur ce site que vous trouverez la marche à suivre : formulaire en ligne, adresse électronique ou espace dédié aux plaintes.
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Pas besoin de trouver la « bonne » autorité

Dans plusieurs pays, d'autres autorités sont aussi compétentes pour certaines obligations du DSA, par exemple en matière de protection des consommateurs, de données personnelles ou de médias. Vous n'avez pas à choisir : le coordinateur oriente la plainte vers l'autorité compétente.
3

Dans votre langue

Comme vous vous adressez à l'autorité de votre pays, vous pouvez en principe rédiger votre plainte dans une langue officielle de ce pays, même si la plateforme est établie ailleurs dans l'Union.
05 — La procédure

Ce que devient votre plainte

Le coordinateur qui reçoit votre plainte n'est pas forcément celui qui la traitera. L'article 53 du DSA organise son parcours.

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L'évaluation par le coordinateur de votre pays
Le coordinateur examine la plainte : porte-t-elle sur une obligation du DSA ? Quel service est visé ? Quelle autorité est compétente ?
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La transmission à l'autorité compétente
La surveillance d'un service revient en principe aux autorités du pays de l'Union où il a son établissement principal (article 56 du DSA). Si ce pays n'est pas le vôtre, le coordinateur peut transmettre votre plainte au coordinateur de ce pays, accompagnée d'un avis s'il le juge utile. Si la plainte relève d'une autre autorité compétente de votre pays, il la lui transmet. Lorsque le fournisseur n'est pas établi dans l'Union, c'est le pays de son représentant légal qui est compétent ; s'il n'en a désigné aucun, tous les États membres le sont, y compris le vôtre.
3
La Commission pour les très grandes plateformes
Pour les obligations propres aux très grandes plateformes en ligne et aux très grands moteurs de recherche, comme l'évaluation des risques systémiques, seule la Commission européenne est compétente. Elle peut aussi intervenir sur leurs autres obligations, le pays d'établissement restant compétent tant qu'elle n'a pas engagé de procédure (article 56 du DSA). L'article 53 ne prévoit pas de transmission de votre plainte à la Commission, mais un coordinateur qui soupçonne un tel manquement peut lui demander d'examiner la situation (article 65 du DSA).
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Les suites possibles
La plainte peut déclencher une enquête, être jointe à d'autres plaintes portant sur le même service, ou alimenter le suivi général de la plateforme. En cas de manquement, l'autorité dispose de pouvoirs d'injonction et de sanction : les amendes peuvent atteindre 6 % du chiffre d'affaires annuel mondial du fournisseur (articles 52 et 74 du DSA).
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Une plainte souvent transmise à un autre pays
Beaucoup de grandes plateformes ont leur établissement principal dans l'Union dans un seul pays, souvent l'Irlande. Les plaintes qui les concernent sont donc fréquemment transmises au coordinateur de ce pays. Déposer la plainte auprès du coordinateur de votre pays reste pourtant la bonne démarche : vous écrivez à votre autorité, dans votre langue, et c'est elle qui se charge de la transmission.
06 — La procédure

Vos droits pendant la procédure

La dernière phrase de l'article 53 du DSA accorde deux garanties, aux deux parties : vous, et le fournisseur visé.

1

Le droit d'être entendu

Vous pouvez faire valoir votre point de vue au cours de la procédure, et le fournisseur aussi.
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Le droit d'être informé

Vous avez droit à des informations appropriées sur l'état d'avancement de votre plainte.

Ces deux droits s'exercent « conformément au droit national ». Lorsque votre plainte est transmise à un autre pays, deux droits nationaux se succèdent : celui de votre autorité pour l'évaluation et la transmission, puis celui de l'autorité qui instruit la plainte. Par exemple, un utilisateur belge qui se plaint d'une plateforme établie en Irlande dépose sa plainte auprès de l'IBPT, selon les règles belges ; si l'IBPT la transmet à Coimisiún na Meán, le coordinateur irlandais, la suite relève du droit irlandais.

Le DSA ne fixe aucun délai de traitement des plaintes. Si votre plainte est transmise, demandez à votre coordinateur à quelle autorité et sous quelle référence : cela vous permettra d'en suivre l'état.

07 — Les limites

Ce que la plainte ne fait pas

La plainte de l'article 53 du DSA est un outil de contrôle des plateformes. Elle ne remplace pas les recours qui permettent de régler votre situation personnelle.

La plainte (article 53 du DSA)
Pour signaler un manquement au régulateur
  • Vise le non-respect du DSA par le fournisseur
  • Peut conduire à une enquête, à une injonction ou à une sanction
  • Ne rétablit pas, par elle-même, votre compte ou votre contenu
  • N'ouvre pas droit à une indemnisation
Les recours individuels
Pour régler votre litige
  • Réclamation interne auprès de la plateforme (article 20 du DSA)
  • Organisme de règlement extrajudiciaire certifié (article 21 du DSA)
  • Action devant le juge, y compris pour demander réparation (article 54 du DSA)

Les deux démarches sont complémentaires et peuvent être menées en même temps. Si votre compte a été suspendu sans explication, vous pouvez contester la suspension par les recours individuels, et signaler au coordinateur l'absence d'exposé des motifs.

Si le manquement de la plateforme vous a causé un préjudice, par exemple une perte de revenus, c'est l'article 54 du DSA qui permet d'en demander réparation, devant le juge, selon les règles de votre droit national.

08 — En pratique

Préparer une plainte utile

Une plainte précise et documentée a beaucoup plus de chances d'être exploitée. Un message vague, sans faits datés ni pièces, risque d'être classé comme un simple signalement plutôt que traité comme une plainte.

1
Vous situer et identifier le service
Indiquez le pays où vous êtes situé ou établi : c'est lui qui détermine le coordinateur compétent. Précisez ensuite le service concerné (nom, application ou site, adresse de la page) et l'identifiant de votre compte.
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Décrire le manquement, et si possible l'obligation en cause
Expliquez ce que la plateforme n'a pas fait : pas de réponse à votre réclamation, pas d'exposé des motifs, pas de point de contact… Citer l'article du DSA concerné aide l'autorité, mais n'est pas obligatoire : c'est à elle de qualifier les faits.
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Dater les faits
Date de la décision, de vos signalements, de vos réclamations, des relances. Une chronologie claire vaut mieux qu'un long récit.
4
Joindre les preuves
Captures d'écran, courriels, notifications reçues, accusés de réception, numéros de dossier, copie des décisions. Sur les captures d'écran, toutes les informations utiles doivent être lisibles : dates, noms des correspondants, texte complet des messages et des décisions. Ne joignez jamais de copie d'un contenu illicite, comme une image d'abus sur mineur : indiquez seulement son adresse.
5
Indiquer les démarches déjà faites
Signalement, réclamation interne, saisine d'un organisme de règlement extrajudiciaire : elles ne sont pas obligatoires avant une plainte, mais montrent que la plateforme a eu l'occasion de réagir.
🔎
Une plainte pour plusieurs personnes
Si plusieurs utilisateurs rencontrent le même problème avec le même service, une association mandatée peut regrouper les situations dans une même plainte. Les plaintes similaires peuvent aussi être rapprochées par l'autorité pour mener une enquête.
⏳
Répondez aux demandes de compléments
L'autorité peut vous demander des précisions ou des pièces supplémentaires, parfois dans un délai qu'elle fixe. Sans réponse de votre part, la plainte risque d'être examinée sur la seule base des éléments déjà transmis.
09 — Cas pratique

Un exemple concret

Vous résidez en France. Votre compte sur un réseau social a été suspendu. Vous avez soumis le litige à un organisme de règlement extrajudiciaire certifié, qui a rendu une décision en votre faveur : selon lui, la plateforme devrait rétablir votre compte. Plusieurs semaines plus tard, rien n'a changé. Vous décidez d'écrire à l'Arcom, le coordinateur pour les services numériques français. Selon la façon dont vous rédigez votre plainte, l'autorité pourra, ou non, l'exploiter.

✕ Plainte mal orientée
« La plateforme n'a toujours pas exécuté la décision rendue en ma faveur. Je vous demande d'intervenir et d'exiger qu'elle me rende immédiatement l'accès à mon compte et à mes données. »
  • La demande porte sur le rétablissement du compte, que l'autorité ne peut pas imposer
  • Le pays où vous êtes situé n'est pas indiqué
  • La décision de l'organisme n'est pas jointe
  • Rien ne prouve que la décision n'a pas été mise en œuvre
✓ Plainte exploitable
« Je réside en France. Je porte à votre connaissance les faits suivants concernant [fournisseur], qui exploite le service [nom]. Le [date], [organisme certifié] a rendu une décision recommandant le rétablissement de mon compte @[identifiant] (copie jointe). Depuis, malgré mes relances des [dates], le compte reste inaccessible (captures datées jointes, avec le texte complet des échanges). Je sais que cette décision n'est pas contraignante. Je vous signale ces faits car ils peuvent être utiles pour apprécier le respect par la plateforme de ses obligations, notamment celle de s'engager de bonne foi dans la procédure (article 21 du DSA). »
  • Pays de résidence indiqué
  • Service, compte et organisme identifiés
  • Décision et preuves de non-exécution jointes
  • Demande conforme au rôle de l'autorité : signaler un possible manquement

Dans une telle situation, le coordinateur ne peut pas contraindre la plateforme à exécuter la décision : l'organisme de règlement extrajudiciaire rend une décision non contraignante (article 21 du DSA). En revanche, les éléments transmis peuvent faire naître des soupçons de manquement et alimenter la surveillance de la plateforme, y compris par la Commission européenne lorsqu'il s'agit d'une très grande plateforme. Pour obtenir le rétablissement du compte lui-même, il reste la voie judiciaire.

10 — Vos questions

Questions fréquentes sur l'article 53 du DSA

Pas directement. La plainte de l'article 53 du DSA vise le manquement de la plateforme à ses obligations, pas votre litige personnel. Pour contester la décision elle-même, utilisez la réclamation interne (article 20 du DSA), un organisme de règlement extrajudiciaire certifié (article 21 du DSA) ou le juge.

Non. L'article 53 du DSA n'impose aucune démarche préalable. Mais si vous avez déjà signalé un contenu ou déposé une réclamation, joignez-en la trace : cela montre que la plateforme a eu l'occasion de réagir.

Non. Vous déposez la plainte auprès du coordinateur du pays où vous êtes situé ou établi (article 53 du DSA). C'est lui qui la transmet, si nécessaire, au coordinateur du pays d'établissement de la plateforme.

Oui, à condition de lui donner mandat. Le DSA distingue deux situations.

Un droit garanti partout : dans tous les États membres, vous avez au moins le droit de mandater un organisme, une organisation ou une association qui remplit les trois conditions de l'article 86 du DSA : être sans but lucratif, être régulièrement constitué selon le droit d'un État membre, et avoir pour objet statutaire un intérêt légitime à faire respecter le DSA.

Les autres représentants : ces conditions ne s'imposent pas à tous les représentants. Le DSA laisse ouvertes les autres formes de représentation prévues par le droit national. Un avocat, ou une organisation qui ne remplit pas ces conditions, peut donc aussi vous représenter si le droit du pays de l'autorité saisie le permet.

Le DSA ne fixe aucun délai. Il prévoit seulement que les deux parties ont le droit d'être entendues et de recevoir des informations appropriées sur l'état de la plainte, conformément au droit national (article 53 du DSA).

L'article 53 du DSA prévoit une plainte auprès du coordinateur de votre pays ; il ne prévoit pas de transmission à la Commission. Mais lorsqu'il soupçonne un manquement d'une très grande plateforme relevant de la Commission, un coordinateur peut lui demander d'examiner la situation (article 65 du DSA).

La Commission indique par ailleurs qu'elle reçoit des informations sur les problèmes systémiques des très grandes plateformes à l'adresse CNECT-DSA-COMPLAINTS@ec.europa.eu.

Le coordinateur est une autorité publique qui contrôle le respect du DSA par les plateformes. L'organisme de règlement extrajudiciaire certifié examine un litige précis entre vous et la plateforme, à propos d'une décision de modération, et rend une décision non contraignante (article 21 du DSA). Les deux démarches peuvent être menées en parallèle.

Texte officiel et sources

Articles