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⚖️ Guide DSA

Article 20 du DSA :
Contester une décision de modération auprès de la plateforme

Contenu retiré, compte suspendu, monétisation coupée, signalement rejeté : l'article 20 du DSA (Digital Services Act) vous permet de contester la décision, gratuitement et en ligne. La plateforme doit la réexaminer, sous le contrôle d'un humain, et vous répondre de façon motivée.

Article 20 du règlement (UE) 2022/2065
Applicable depuis le 17 février 2024
Mise à jour le 7 octobre 2026
Lecture : 13 minutes
À retenir en 30 secondes
  • Si une plateforme retire votre contenu, restreint sa visibilité, suspend votre compte ou coupe votre monétisation, vous pouvez contester sa décision gratuitement et en ligne.
  • L'auteur d'un signalement peut aussi contester la décision prise sur celui-ci, y compris un refus d'agir.
  • Vous disposez d'au moins six mois, à compter du jour où la décision vous est communiquée.
  • La plateforme doit réexaminer, infirmer sa décision si votre réclamation la remet en cause, et vous répondre de façon motivée. Cette décision ne peut pas être prise uniquement par une machine.
01 — Le principe

Ce que l'article 20 du DSA vous permet

L'article 20 du DSA vous donne un droit simple : demander à la plateforme de revenir sur une décision de modération qui vous concerne.

C'est l'une des trois voies que le règlement vous ouvre pour contester une décision de modération, aux côtés du règlement extrajudiciaire des litiges devant un organisme certifié (article 21 du DSA) et du recours au juge. Ces trois voies ne sont pas hiérarchisées : le considérant 59 vous laisse le choix entre elles, et vous pouvez les combiner. Vous n'êtes donc pas tenu de passer par la plateforme avant de saisir un organisme certifié ou un tribunal.

Réclamer, c'est obliger la plateforme à relire sa propre décision. Si vos arguments la remettent en cause, elle doit l'infirmer.

Retenez cette logique : elle traverse tout l'article. La plateforme décide, vous contestez, elle réexamine, elle vous répond. Et, le cas échéant, sa réponse doit vous rappeler les autres voies qui vous restent ouvertes.

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Qui est concerné ?
L'article 20 du DSA ne vise que les plateformes en ligne, c'est-à-dire les hébergeurs qui diffusent au public les contenus de leurs utilisateurs : réseaux sociaux, plateformes de vidéo, places de marché, etc. Un simple hébergeur de sites internet ou un service de stockage n'y est pas soumis. L'article 19 du DSA exclut en outre les micro et petites entreprises, ainsi que, pendant douze mois, celles qui viennent de perdre ce statut. Cette exclusion ne joue jamais pour les très grandes plateformes en ligne.
02 — Utilisateurs et auteurs de signalements

Qui peut introduire une réclamation ?

Le paragraphe 1 de l'article 20 du DSA ouvre le système aux « destinataires du service, y compris aux particuliers ou aux entités qui ont soumis une notification ». Deux catégories de personnes sont donc concernées.

✓

La personne visée par la décision

C'est le cas le plus courant : l'auteur du contenu retiré ou rendu moins visible, le titulaire du compte suspendu, le créateur dont la monétisation a été coupée. Peu importe que la décision fasse suite à un signalement, à une détection automatique ou à une initiative de la plateforme.
✓

L'auteur d'un signalement

Vous avez signalé un contenu et la plateforme a refusé d'agir, ou a pris une mesure qui vous paraît insuffisante ? Vous pouvez aussi contester. Le considérant 58 le confirme, que le signalement ait été fait au titre de l'article 16 du DSA (contenu illicite) ou par le dispositif de signalement des contenus contraires aux conditions générales, et y compris lorsque vous estimez que les mesures prises « n'étaient pas adéquates ».

Quel que soit votre statut

Le considérant 2 définit largement les « destinataires du service » : il vise les utilisateurs professionnels, les consommateurs et les autres utilisateurs. Le système de réclamation est donc ouvert à un particulier comme à un commerçant dont l'annonce a été retirée d'une place de marché, à une marque dont la page a été restreinte, à un média dont la publication a été déclassée, mais aussi à une association, à un élu ou à une administration.

03 — Le champ du recours

Quelles décisions pouvez-vous contester ?

Le texte couvre deux fondements : le contenu jugé illicite, et le contenu jugé contraire aux conditions générales de la plateforme. En pratique, beaucoup de décisions de modération invoquent les règles du service plutôt que la loi. L'article 20 du DSA vous permet de contester les unes comme les autres.

Agir ou ne pas agir : les deux se contestent

C'est le point le plus souvent négligé, et peut-être le plus important de l'article. Le texte cité ci-dessus vise quatre types de mesures : retirer un contenu ou en restreindre la visibilité, suspendre le service ou y mettre fin, suspendre ou supprimer un compte, suspendre ou restreindre la monétisation. Mais à chaque fois, il ne vise pas la mesure elle-même : il vise la décision de savoir « s'il y a lieu ou non » de la prendre. Le recours ne porte donc pas seulement sur les décisions qui sanctionnent : il porte aussi sur celles qui refusent de sanctionner.

Le refus d'agir est une décision comme une autre. Il se conteste dans les mêmes conditions.

La plateforme a agi
Elle a retiré, restreint, suspendu ou supprimé
  • L'auteur du contenu ou le titulaire du compte peut contester la mesure
  • Il demande à la plateforme de rétablir ce qu'elle a retiré ou suspendu
La plateforme n'a pas agi
Elle a laissé le contenu ou le compte en l'état
  • L'auteur du signalement peut contester ce refus
  • Il demande à la plateforme de prendre la mesure qu'elle a écartée, ou une mesure plus adaptée

C'est ce qui permet, par exemple, à une personne victime d'usurpation d'identité de contester le maintien en ligne du faux compte qu'elle a signalé, ou à une marque de contester le maintien d'une annonce de contrefaçon.

Les quatre familles de décisions

a

Retirer ou non un contenu, en rendre l'accès impossible ou en restreindre la visibilité

Une publication supprimée, une vidéo bloquée dans votre pays, un message masqué, ou à l'inverse un contenu signalé que la plateforme a laissé en ligne. La restriction de visibilité va plus loin qu'on ne le croit. Le considérant 55 mentionne que la restriction de la visibilité peut notamment prendre trois formes : une rétrogradation dans les systèmes de classement ou de recommandation, une limitation de l’accessibilité pour un ou plusieurs destinataires du service, ou encore le blocage d’un utilisateur au sein d’une communauté en ligne à son insu, ce que le considérant désigne comme le « bannissement par l’ombre » (shadow banning).
b

Suspendre ou non le service, ou y mettre fin, en tout ou en partie

La plateforme suspend le service ou y met fin, en tout ou en partie : impossibilité de publier, de commenter, d'envoyer des messages, de vendre ou de diffuser en direct, pour une durée limitée (suspension) ou définitivement (fin du service). Ou, à l'inverse, elle décide de ne pas le faire.
c

Suspendre ou non un compte, ou le supprimer

C'est souvent la décision la plus lourde de conséquences : perte de l'accès, de l'historique, des contacts, parfois d'une activité professionnelle entière. L'article 20 du DSA la vise expressément, comme il vise le refus de suspendre ou de supprimer un compte signalé.
d

Suspendre ou non la monétisation, y mettre fin ou la restreindre

Pour un créateur, la décision peut porter sur ses revenus sans toucher au contenu lui-même : la plateforme suspend sa capacité de monétiser, y met fin ou la restreint d'une autre manière. Le considérant 55 vise notamment la suspension ou la fin des paiements et des recettes publicitaires associés aux contenus concernés.
04 — Le délai

Six mois pour agir

Le point de départ n'est pas la date de la décision, mais le jour où elle vous est communiquée. Pour l'auteur d'un signalement, c'est la notification de la décision prévue à l'article 16, paragraphe 5, du DSA. Pour la personne visée, c'est l'exposé des motifs prévu à l'article 17 du DSA.

Six mois est un minimum : le texte dit « au moins ». Une plateforme peut vous laisser davantage de temps, jamais moins. Le considérant 58 précise que cette période vise à vous permettre d'obtenir « l'annulation de la décision contestée ».

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Conservez la date
Gardez le message, la notification ou la capture d'écran par lesquels la décision vous a été annoncée. C'est elle qui fait courir le délai, et c'est elle qu'il faudra produire si la plateforme vous oppose une réclamation tardive. Passé six mois, la plateforme n'est plus tenue d'examiner votre réclamation interne. Ce délai ne vaut que pour elle : l'article 21 du DSA n'en fixe aucun pour saisir un organisme de règlement extrajudiciaire certifié, qui précise ses propres conditions dans son règlement de procédure, et votre droit d'agir en justice reste régi par votre droit national.
05 — Où réclamer

Un système gratuit, en ligne et sans formalisme

Combiné au paragraphe 1, ce texte fixe le cadre : la réclamation se fait par voie électronique, elle est gratuite, et le système doit être facile à trouver et à utiliser. Comme pour le signalement, il doit aussi vous permettre d'expliquer votre position : une réclamation « suffisamment précise et dûment étayée » suppose un espace où exposer vos arguments et, le cas échéant, joindre des éléments.

Le considérant 58 ajoute une garantie importante : ces systèmes « ne devraient pas fixer d'exigences formelles, telles que le renvoi à des dispositions juridiques spécifiques pertinentes ou à des explications juridiques compliquées ». Vous n'avez donc pas besoin de citer d'article de loi ni de raisonner en juriste. Expliquer clairement pourquoi la décision vous paraît erronée suffit.

Enfin, le fonctionnement du système ne doit pas être un secret. Selon le considérant 45, les conditions générales de la plateforme doivent décrire le règlement intérieur de son système de traitement des réclamations. C'est un bon réflexe de les consulter avant d'écrire.

06 — Le réexamen

Comment votre réclamation doit être traitée ?

La première phrase du paragraphe 4 encadre la manière dont votre réclamation doit être instruite. Elle pose quatre exigences.

1

En temps opportun

Le règlement ne fixe aucun délai chiffré. Mais un réexamen qui arrive des mois plus tard prive le recours de son sens, surtout quand un compte professionnel ou des revenus sont en jeu. Le considérant 58 attend de ces systèmes des « résultats rapides ».
2

De manière non discriminatoire

La plateforme ne doit pas traiter différemment des utilisateurs qui se trouvent dans des situations comparables, sauf si cette différence repose sur une justification objective.
3

De manière diligente

La plateforme doit réellement examiner ce que vous avez écrit et les éléments que vous avez joints. Une réponse type qui ignore vos arguments ne remplit pas cette exigence.
4

De manière non arbitraire

La décision doit reposer sur des règles et des motifs identifiables, et rester cohérente : des situations comparables doivent recevoir le même traitement. Le considérant 58 résume l'objectif : des résultats « non discriminatoires, non arbitraires et équitables ».

L'obligation d'infirmer

La seconde phrase est la plus importante pour vous. Elle ne laisse pas à la plateforme la simple faculté de changer d'avis : le texte dit qu'elle « infirme » sa décision, c'est-à-dire qu'elle doit revenir dessus, dans les meilleurs délais, dans trois cas.

  • Vous avez signalé un contenu, et votre réclamation montre que le refus d'agir n'était pas fondé.
  • Votre contenu a été sanctionné, et votre réclamation montre qu'il n'est ni illicite ni contraire aux conditions générales.
  • Votre compte ou votre activité a été sanctionné, et votre réclamation montre que votre conduite ne justifiait pas la mesure prise.

Si votre réclamation apporte des motifs suffisants, la plateforme ne « peut » pas revenir sur sa décision : elle le doit.

Le troisième cas mérite l'attention. Il ne porte pas sur un contenu précis, mais sur votre conduite. Il permet de contester une sanction disproportionnée, par exemple la suppression d'un compte entier pour une seule publication litigieuse.

07 — Le contrôle humain

Une décision sous contrôle humain

C'est l'une des garanties les plus fortes de l'article 20 du DSA. La décision initiale de modération peut être entièrement automatisée ; la décision prise sur votre réclamation, non. Le considérant 58 l'exprime simplement : ces systèmes doivent faire l'objet d'un réexamen par un être humain lorsque des moyens automatisés sont utilisés.

Le texte n'interdit pas les outils automatisés : ils peuvent trier les réclamations, rassembler les éléments, proposer une analyse. Mais la décision doit être prise sous le contrôle de collaborateurs dûment qualifiés, c'est-à-dire formés à appliquer les règles en cause.

Pour un signalement, la machine peut décider à condition de le dire. Pour une réclamation, elle ne peut pas décider seule.

En pratique, un rejet instantané, sans aucun élément propre à votre situation, quelques secondes après l'envoi de votre réclamation, doit vous alerter. C'est un élément à faire valoir dans la suite de vos démarches.

08 — Décision et voies de recours

La réponse qui vous est due, et la suite

Quelle que soit l'issue, la plateforme vous doit deux choses.

La première est une décision motivée. Elle doit expliquer pourquoi la décision initiale est maintenue ou infirmée. Une simple formule (« après examen, nous maintenons notre décision ») ne vous permet pas de comprendre ce qui vous est reproché ni de préparer la suite.

La seconde est l'information sur vos recours : la possibilité de saisir un organisme de règlement extrajudiciaire des litiges certifié au titre de l'article 21 du DSA, et les autres voies disponibles. La Commission européenne tient à jour la liste des organes de règlement extrajudiciaire des litiges certifiés.

Si la réclamation n'aboutit pas

Vous disposez encore des autres voies. Elles ne s'excluent pas, et vous pouviez d'ailleurs les emprunter dès le départ.

1

Un organisme de règlement extrajudiciaire

L'article 21 du DSA vous permet de choisir un organisme certifié par un coordinateur pour les services numériques, y compris pour les réclamations qui n'ont pas été résolues par le système interne. Le considérant 59 précise que son intervention vise un règlement équitable, rapide et économiquement avantageux, et que ses frais doivent rester peu coûteux pour les consommateurs. Il doit rendre sa décision dans un délai de 90 jours, prolongeable jusqu'à 180 jours pour les litiges très complexes (article 21, paragraphe 4, du DSA). Si l'organisme vous donne raison, la plateforme supporte ses frais et vous rembourse vos dépenses raisonnables (article 21, paragraphe 5, du DSA). Sa décision n'est pas contraignante : vous gardez la possibilité de saisir le juge à tout moment.
2

Le juge

Le recours juridictionnel reste ouvert à tout moment, selon les règles de votre droit national (article 21, paragraphe 1, du DSA et considérant 55).
3

Une plainte auprès du coordinateur pour les services numériques

Si vous estimez que la plateforme ne respecte pas l'article 20 du DSA lui-même (absence de système, réclamations ignorées, rejets purement automatisés), l'article 53 du DSA vous permet de déposer une plainte auprès du coordinateur pour les services numériques de votre pays. Cette plainte vise le manquement de la plateforme, pas votre litige individuel.
💡
La réclamation interne n'est pas un passage obligé
Le considérant 59 est explicite : les destinataires du service « devraient pouvoir choisir » entre le mécanisme interne, le règlement extrajudiciaire et le recours au juge. Vous pouvez donc saisir directement un organisme certifié, sans attendre la fin, ni même le début, d'une réclamation interne. En pratique, réclamer d'abord auprès de la plateforme reste souvent utile : c'est gratuit, et cela vous permet d'obtenir une décision motivée sur laquelle vous appuyer. Pour saisir un organisme de règlement extrajudiciaire, vous pouvez déposer un dossier.
09 — En pratique

Un exemple concret

Votre compte sur un réseau social est suspendu pour « usurpation d'identité ». Ce compte est pourtant le vôtre, à votre nom, depuis des années. Selon la façon dont vous rédigez votre réclamation, la plateforme aura, ou non, de quoi infirmer sa décision.

✕ Réclamation insuffisante
« Mon compte a été bloqué sans raison, c'est inadmissible. Rétablissez-le immédiatement. »
  • Aucune référence : on ne sait pas quel compte ni quelle décision sont visés
  • Aucun argument : rien ne répond au motif invoqué
  • Aucune pièce : la plateforme n'a rien de nouveau à examiner
  • Rien ne permet de considérer que la mesure n'était pas justifiée
✓ Réclamation exploitable
« Le [date], vous m'avez informé de la suspension de mon compte @[identifiant] au motif d'une usurpation d'identité (référence [n°]). Ce compte est le mien : je l'utilise sous mon nom depuis [année], et je joins [justificatif d'identité, preuve de l'adresse électronique associée]. Aucune de mes publications ne se fait passer pour une autre personne. Je vous demande d'annuler cette suspension et de m'adresser une décision motivée, prise sous le contrôle d'un collaborateur qualifié conformément à l'article 20, paragraphe 6, du DSA. »
  • La décision contestée est identifiée, avec sa date
  • Le motif invoqué est réfuté point par point
  • Des pièces étayent la réclamation
  • La demande est claire : annulation, motivation, contrôle humain

La seconde réclamation donne à la plateforme exactement ce dont elle a besoin : des informations indiquant que les faits reprochés ne sont pas établis. Elle entre dans le cas où le paragraphe 4 impose d'infirmer la décision. Et si la plateforme maintient la suspension, sa réponse devra être motivée et indiquer vos voies de recours. Vous disposerez alors d'un dossier complet pour la suite.

10 — Vos questions

Questions fréquentes sur l'article 20 du DSA

Non. Le paragraphe 1 de l'article 20 du DSA impose qu'elle puisse être introduite « gratuitement », par voie électronique.

Aucun délai chiffré. Le paragraphe 4 impose un traitement « en temps opportun » et que la décision soit infirmée « dans les meilleurs délais » lorsque la réclamation le justifie ; le paragraphe 5 exige que la décision vous soit communiquée « dans les meilleurs délais ».

Les plateformes en ligne doivent publier, dans leurs rapports de transparence, le délai médian nécessaire pour décider sur les réclamations, ainsi que le nombre de décisions infirmées (article 15, paragraphe 1, point d), du DSA). Ces chiffres donnent une idée des pratiques de chacune.

Non. Le considérant 59 vous laisse le choix entre la réclamation interne, le règlement extrajudiciaire et le recours au juge. L'article 21 du DSA vise les litiges relatifs aux décisions de la plateforme, « y compris » ceux que la réclamation interne n'a pas résolus : il n'en fait pas une condition préalable.

Oui. L'absence d'explication ne vous prive pas du recours ; elle constitue elle-même un manquement, puisque l'article 17 du DSA oblige la plateforme à vous adresser un exposé des motifs clair et compréhensible.

Le délai de six mois court à compter du jour où vous êtes informé de la décision conformément à l'article 17 du DSA. Mieux vaut toutefois ne pas attendre : réclamez sans tarder, et demandez dans votre réclamation l'exposé des motifs qui vous est dû.

Le paragraphe 6 exige que la décision soit prise sous le contrôle de collaborateurs dûment qualifiés, et pas uniquement par des moyens automatisés. Un rejet instantané et standardisé laisse penser que ce contrôle n'a pas eu lieu.

Conservez une trace de l'heure d'envoi et de la réponse. Vous pourrez la faire valoir devant un organisme de règlement extrajudiciaire, et la signaler au coordinateur pour les services numériques.

Rien, si vos réclamations sont sérieuses. Une réclamation rejetée n'est pas une réclamation abusive.

Seule la répétition de réclamations manifestement infondées est visée. Dans ce cas, l'article 23 du DSA impose à la plateforme, après un avertissement préalable, de suspendre pour une période raisonnable le traitement des réclamations de la personne concernée. Elle doit en décider au cas par cas, en tenant compte notamment du nombre et de la proportion de réclamations en cause, de leur gravité et, si elle peut la déterminer, de l'intention de leur auteur. Selon le considérant 63, une réclamation est manifestement infondée lorsqu'il est évident pour un profane, sans aucune analyse de fond, qu'elle l'est. Et cette suspension peut elle-même être contestée (considérant 64).

Vous n'êtes pas tenu d'attendre. Vous pouvez saisir un organisme de règlement extrajudiciaire certifié ou le juge, et déposer une plainte auprès du coordinateur pour les services numériques de votre pays (article 53 du DSA) pour signaler le manquement de la plateforme à l'article 20 du DSA.