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⚖️ Guide DSA

Article 21 du DSA :
Soumettre votre litige à un organisme indépendant

Compte suspendu, contenu retiré, signalement rejeté : l'article 21 du DSA (Digital Services Act) vous permet de confier le litige à un organisme de règlement extrajudiciaire certifié, indépendant de la plateforme. La procédure se déroule en ligne, elle vous est proposée gratuitement ou moyennant une somme symbolique, et l'organisme rend sa décision en principe dans un délai de 90 jours.

Article 21 du règlement (UE) 2022/2065
Applicable depuis le 17 février 2024
Mise à jour le 7 octobre 2026
Lecture : 15 minutes
À retenir en 30 secondes
  • Vous pouvez soumettre une décision de modération à l'organisme certifié de votre choix, dans n'importe quel État membre, sans passer d'abord par la réclamation interne de la plateforme.
  • La plateforme doit s'engager de bonne foi dans la procédure. L'organisme rend sa décision en 90 jours au plus, 180 pour les litiges très complexes.
  • La procédure vous est proposée gratuitement ou moyennant une somme symbolique. Si vous obtenez gain de cause, la plateforme paie les frais de l'organisme et vous rembourse vos dépenses raisonnables.
  • La décision n'est pas contraignante : vous gardez à tout moment la possibilité de saisir le juge.
01 — Le principe

Ce que l'article 21 du DSA vous permet

L'article 21 du DSA vous donne un droit : faire examiner votre désaccord avec une plateforme par un tiers indépendant, plutôt que par la plateforme elle-même.

Ce tiers est un organisme de règlement extrajudiciaire des litiges, certifié par une autorité publique : le coordinateur pour les services numériques de l'État membre où il est établi. Il examine le dossier des deux parties et rend une décision motivée. La plateforme, elle, doit s'engager dans la procédure de bonne foi.

Avec la réclamation interne, c'est la plateforme elle-même qui réexamine sa décision. Avec l'article 21 du DSA, c'est un organisme extérieur et indépendant qui l'examine.

C'est l'une des trois voies que le règlement vous ouvre pour contester une décision de modération, aux côtés de la réclamation interne auprès de la plateforme (article 20 du DSA) et du recours au juge. Ces trois voies ne sont pas hiérarchisées : le considérant 59 vous laisse le choix entre elles, et vous pouvez les combiner.

📌
Qui est concerné ?
L'article 21 du DSA ne vise que les plateformes en ligne, c'est-à-dire les hébergeurs qui diffusent au public les contenus de leurs utilisateurs : réseaux sociaux, plateformes de vidéo, places de marché, etc. L'article 19 du DSA exclut les micro et petites entreprises, ainsi que, pendant douze mois, celles qui viennent de perdre ce statut. Cette exclusion ne joue jamais pour les très grandes plateformes en ligne.
02 — Utilisateurs et auteurs de signalements

Qui peut saisir un organisme ?

Le texte vise les personnes « destinataires des décisions » de la plateforme. Deux catégories de personnes sont donc concernées.

✓

La personne visée par la décision

L'auteur du contenu retiré ou rendu moins visible, le titulaire du compte suspendu ou supprimé, le créateur dont la monétisation a été suspendue. Peu importe que la décision fasse suite à un signalement, à une détection automatique ou à une initiative de la plateforme.
✓

L'auteur d'un signalement

Vous avez signalé un contenu et la plateforme a refusé d'agir, ou a pris une mesure qui vous paraît insuffisante ? Le texte vous ouvre expressément la même voie : il vise « les particuliers ou les entités qui ont soumis des notifications ». Sur le signalement lui-même, consultez notre guide sur l'article 16 du DSA.

Quel que soit votre statut

Le considérant 2 définit largement les « destinataires du service » : il vise les utilisateurs professionnels, les consommateurs et les autres utilisateurs. Un particulier peut donc saisir un organisme, comme un commerçant, une marque, un média, une association ou un élu.

03 — Le champ du recours

Quels litiges pouvez-vous lui soumettre ?

Pour savoir quelles décisions vous pouvez soumettre à un organisme, l'article 21 du DSA renvoie à l'article 20, paragraphe 1, du DSA. Ce sont donc les mêmes décisions que celles que vous pouvez contester auprès de la plateforme par la réclamation interne. Elles sont de quatre types :

a

Retirer ou non un contenu, en rendre l'accès impossible ou en restreindre la visibilité

Y compris la rétrogradation dans les systèmes de recommandation et le « bannissement par l'ombre » (shadowban), que le considérant 55 rattache à la restriction de visibilité.
b

Suspendre ou non le service, ou y mettre fin, en tout ou en partie

Impossibilité de publier, de commenter, d'envoyer des messages, de vendre ou de diffuser en direct, pour une durée limitée ou définitivement.
c

Suspendre ou non un compte, ou le supprimer

Souvent la décision la plus lourde de conséquences : perte de l'accès, de l'historique, des contacts, parfois d'une activité professionnelle entière.
d

Suspendre ou non la monétisation, y mettre fin ou la restreindre

Une décision qui touche aux revenus d'un créateur sans toucher nécessairement au contenu lui-même.

S'y ajoute la décision prise par la plateforme à la suite d'un signalement. Toutes ces décisions peuvent reposer sur l'illicéité du contenu ou sur sa contrariété aux conditions générales de la plateforme.

Surtout, elles se contestent dans un sens comme dans l'autre. Pour chacune, le texte vise la décision de savoir « s'il y a lieu ou non » de prendre la mesure. Vous pouvez donc soumettre à l'organisme une mesure que la plateforme a prise contre vous, mais aussi son refus de prendre une mesure que vous lui demandiez, par exemple le maintien en ligne d'un contenu que vous aviez signalé.

Notre guide sur l'article 20 du DSA détaille chacune de ces décisions.

Avec ou sans réclamation interne préalable

La fin du paragraphe 1 mérite d'être lue de près. L'organisme peut être saisi des litiges relatifs aux décisions de la plateforme, « y compris pour les réclamations qui n'ont pas été résolues par le système interne de traitement des réclamations ».

« Y compris » ne veut pas dire « seulement ». La réclamation interne qui a échoué est un cas de saisine parmi d'autres, pas une condition. Le considérant 59 le confirme : les destinataires du service « devraient pouvoir choisir entre le mécanisme interne de traitement des réclamations, un règlement extrajudiciaire des litiges et la possibilité d'engager, à tout moment, une procédure juridictionnelle ».

Vous pouvez saisir un organisme certifié directement, sans attendre la fin, ni même le début, d'une réclamation interne.

Vous pouvez aussi faire les deux. Réclamer d'abord auprès de la plateforme reste souvent utile : c'est gratuit, et sa réponse motivée éclaire le dossier que vous soumettrez ensuite à l'organisme. Mais ce choix vous appartient.

04 — Le libre choix

Choisir son organisme

Le paragraphe 1 vous donne « le droit de choisir tout organe de règlement extrajudiciaire des litiges » certifié. Ce n'est pas la plateforme qui le désigne, et vous n'êtes pas limité aux organismes de votre pays. Le considérant 59 précise que le certificat délivré par un coordinateur pour les services numériques « devrait être valide dans tous les États membres ».

Où les trouver ?

Deux sources officielles vous renseignent :

  • La Commission européenne publie et tient à jour la liste des organismes certifiés, avec leurs domaines d'expertise et leurs langues (paragraphe 8). Consultez la liste officielle des organismes de règlement extrajudiciaire des litiges certifiés au titre du DSA.
  • La plateforme elle-même doit vous informer de cette possibilité. Le deuxième alinéa du paragraphe 1 l'oblige à rendre ces informations « facilement accessibles sur leur interface en ligne, claires et aisément compréhensibles ». Sa réponse à une réclamation interne doit aussi vous la rappeler (article 20, paragraphe 5, du DSA).

Les critères qui comptent

Tous les organismes certifiés ne traitent pas tous les litiges, ni dans toutes les langues. Le paragraphe 3 prévoit que le certificat précise, le cas échéant, les questions sur lesquelles porte l'expertise de l'organisme et les langues dans lesquelles il est en mesure de régler des litiges. Avant de saisir un organisme, vérifiez trois points :

1

Son domaine d'expertise

Certains organismes sont certifiés pour l'application des conditions générales des plateformes, d'autres pour des catégories précises de contenus illicites (discours haineux, contrefaçon, escroquerie, etc.). Votre litige doit entrer dans le domaine pour lequel l'organisme a été certifié.
2

Sa langue de procédure

Le paragraphe 3 impose à chaque organisme de régler les litiges dans au moins une des langues officielles des institutions de l'Union. Choisissez celui qui traite les dossiers dans une langue que vous maîtrisez.
3

Son règlement de procédure

Chaque organisme publie ses règles : conditions de saisine, pièces à fournir, éventuel délai pour agir, déroulement de l'échange avec la plateforme, frais. Elles doivent être « aisément et publiquement accessibles » (paragraphe 3, point f). Lisez-les avant de déposer votre dossier.
05 — La certification

Les garanties d'un organisme certifié

Un organisme ne peut pas se proclamer « organisme article 21 du DSA » : il doit démontrer qu'il remplit six conditions, devant une autorité publique. Pour vous, elles se traduisent en quatre garanties.

✓

Un tiers impartial et indépendant

L'organisme doit être indépendant, y compris financièrement, des plateformes, mais aussi des utilisateurs et des auteurs de signalements (point a). Le considérant 59 précise que cette indépendance doit être garantie jusqu'au niveau des personnes qui règlent les litiges, notamment par des règles sur les conflits d'intérêts. Et ses membres ne sont pas rémunérés selon l'issue de la procédure (point c) : ils n'ont aucun intérêt à donner raison à l'une ou l'autre partie.
✓

Une expertise vérifiée

L'organisme doit démontrer une expertise dans un ou plusieurs domaines de contenus illicites, ou dans l'application des conditions générales des plateformes (point b). C'est cette expertise que le certificat précise, et qui délimite les litiges qu'il peut traiter.
✓

Une procédure en ligne, rapide et accessible

Vous engagez la procédure et transmettez vos pièces en ligne (point d). L'organisme doit être en mesure de régler les litiges de manière rapide, efficace et économiquement avantageuse (point e).
✓

Des règles connues à l'avance

La procédure suit des règles claires et équitables, publiées et accessibles à tous (point f). Vous savez avant de saisir l'organisme comment votre dossier sera traité.

Une certification sous contrôle

La certification n'est pas acquise une fois pour toutes. Elle est délivrée pour une période de cinq ans au plus, renouvelable, ce qui oblige l'organisme à démontrer à nouveau qu'il remplit les conditions. Chaque organisme rend compte de son activité une fois par an au coordinateur qui l'a certifié : nombre de litiges reçus, issue de ces litiges, durée moyenne de résolution, difficultés rencontrées (paragraphe 4). Et le coordinateur révoque la certification s'il constate, après enquête, que l'organisme ne remplit plus les conditions (paragraphe 7).

06 — La procédure

Le déroulement de la procédure

La plateforme doit participer

Le premier alinéa est essentiel. Une fois que vous avez choisi un organisme, la plateforme ne peut pas ignorer la procédure : les deux parties « s'engagent, de bonne foi ». Concrètement, la plateforme doit répondre à l'organisme, lui présenter sa position et les éléments sur lesquels elle a fondé sa décision.

C'est vous qui choisissez l'organisme, pas la plateforme. Et une fois l'organisme saisi, la plateforme ne peut pas refuser de participer, sauf si le même litige a déjà été résolu.

Elle ne peut refuser que dans un cas : lorsqu'un litige portant sur les mêmes informations et les mêmes motifs a déjà été résolu. Le considérant 59 étend cette exception au litige qui fait déjà l'objet d'une procédure en cours devant un juge ou devant un autre organisme. L'objectif est d'éviter que la même affaire soit tranchée deux fois, pas de permettre à la plateforme de se soustraire au premier examen.

Un délai de 90 jours

Contrairement à la réclamation interne, pour laquelle le règlement ne fixe aucun délai chiffré, l'article 21 du DSA impose un délai précis : 90 jours civils à compter de la réception de votre plainte. Seul un litige très complexe permet de le prolonger, à l'initiative de l'organisme, et jamais au-delà de 180 jours au total. Le texte parle d'ailleurs d'un « délai raisonnable » : 90 jours sont un maximum, pas un objectif.

07 — Les frais

Qui paie la procédure ?

C'est l'un des points les plus favorables de l'article 21 du DSA. Le coût de la procédure repose sur la plateforme, pas sur vous.

Pour vous, la procédure est accessible gratuitement ou moyennant une somme symbolique. Les frais de l'organisme sont facturés à la plateforme, et ils ne peuvent pas dépasser ce que la procédure lui coûte réellement. Dans tous les cas, l'organisme doit vous indiquer ses frais, ou la manière de les calculer, avant le début de la procédure.

Le texte règle ensuite les deux issues possibles :

Vous obtenez gain de cause
L'organisme se prononce en votre faveur
  • La plateforme supporte tous les frais facturés par l'organisme
  • Elle vous rembourse toute autre dépense raisonnable engagée pour le litige
La plateforme obtient gain de cause
L'organisme se prononce en sa faveur
  • Vous n'avez pas à lui rembourser ses frais ni ses dépenses
  • Seule exception : l'organisme constate que vous avez manifestement agi de mauvaise foi

Perdre devant l'organisme ne vous coûte rien de plus. Seule la mauvaise foi manifeste peut changer la donne.

08 — Après la procédure

La décision et ses suites

Le paragraphe 2 est clair : l'organisme « n'a pas le pouvoir d'imposer aux parties un règlement du litige contraignant ». Sa décision n'a pas la force d'un jugement. Elle n'est pas pour autant sans effet.

Non contraignante, mais pas sans conséquence

Le même paragraphe impose aux deux parties de s'engager de bonne foi avec l'organisme « en vue de résoudre le litige ». Cette obligation ne porte pas seulement sur la participation à la procédure : elle en fixe le but, qui est la résolution du litige.

Le texte n'oblige pas la plateforme à appliquer la décision. Mais le caractère non contraignant de la décision ne la dispense pas de son obligation de s'engager de bonne foi en vue de résoudre le litige. Savoir si le comportement d'une plateforme après la décision peut, dans certaines circonstances, constituer un manquement à cette obligation relève de l'appréciation du coordinateur pour les services numériques.

La décision ne s'impose pas à la plateforme. La bonne foi, elle, s'impose.

Trois éléments viennent renforcer la portée de la décision :

1

La plateforme doit publier combien de décisions elle applique

Chaque plateforme en ligne doit publier dans ses rapports de transparence le nombre de litiges soumis aux organismes, leurs résultats, le délai médian des procédures et « la proportion de litiges pour lesquels le fournisseur de la plateforme en ligne a mis en œuvre les décisions de l'organe » (article 24, paragraphe 1, point a), du DSA). Une plateforme qui ignore les décisions rendues le fait donc à découvert.
2

Le juge reste accessible à tout moment

Le troisième alinéa du paragraphe 1 préserve votre droit d'engager « à tout moment » une procédure devant une juridiction. Et parce que l'issue de la procédure n'est pas contraignante, le considérant 59 précise que les parties « ne devraient pas être empêchées d'engager une procédure judiciaire concernant le même litige ». Vous pouvez saisir le juge avant, pendant ou après la procédure devant l'organisme.
3

Une plainte auprès du coordinateur pour les services numériques

Si vous estimez que la plateforme ne respecte pas les obligations que lui impose l'article 21 du DSA, par exemple en refusant de participer sans motif valable, l'article 53 du DSA vous permet de déposer une plainte auprès du coordinateur pour les services numériques de votre pays. Cette plainte vise le manquement de la plateforme, pas votre litige individuel.
💡
Et les litiges de consommation ?
Si votre litige porte sur l'achat d'un bien ou d'un service, par exemple sur une place de marché, les organismes de médiation de la consommation restent compétents. Le paragraphe 9 précise que l'article 21 du DSA est sans préjudice de la directive 2013/11/UE et des entités qu'elle établit. Les deux dispositifs coexistent : l'article 21 du DSA vise les décisions de modération de la plateforme, la médiation de la consommation vise le contrat d'achat.
09 — En pratique

Un exemple concret

Un faux compte utilise votre nom et vos photos, et sollicite de l'argent auprès de vos contacts. Vous l'avez signalé. La plateforme vous répond que le compte ne contrevient pas à ses règles et le laisse en ligne. Vous décidez de saisir un organisme certifié. Selon la façon dont vous présentez votre dossier, il pourra, ou non, se prononcer utilement.

✕ Saisine insuffisante
« Quelqu'un a créé un faux compte à mon nom et la plateforme ne fait rien. Merci d'intervenir. »
  • Aucune référence : on ne sait pas quel compte ni quelle décision sont visés
  • Aucune date : impossible de reconstituer les échanges avec la plateforme
  • Aucune pièce : rien n'établit que le compte usurpe votre identité
  • Aucune demande précise : l'organisme ne sait pas sur quoi se prononcer
✓ Saisine exploitable
« Le [date], j'ai signalé le compte @[identifiant] ([URL]), qui utilise mon nom et mes photos pour demander de l'argent à mes contacts. Le [date], la plateforme m'a répondu que ce compte ne contrevenait pas à ses règles (référence [n°]). Je joins mon justificatif d'identité, des captures du faux compte, les messages reçus par mes contacts, mon signalement et la réponse de la plateforme. Je demande à l'organisme de constater que ce compte usurpe mon identité, en violation des conditions générales de la plateforme, et de recommander sa suppression. »
  • La décision contestée est identifiée, avec ses dates et sa référence
  • Les faits sont exposés simplement, sans jargon juridique
  • Les pièces permettent de les vérifier
  • La demande est claire : ce que vous attendez de l'organisme

La seconde saisine donne à l'organisme ce dont il a besoin pour examiner le litige : la décision contestée, les faits, les preuves et votre demande. Elle conteste un refus d'agir, ce que l'article 21 du DSA permet au même titre qu'une sanction. Et elle ne suppose aucune réclamation interne préalable : le signalement rejeté suffit à ouvrir la voie.

10 — Vos questions

Questions fréquentes sur l'article 21 du DSA

Pour vous, elle est accessible gratuitement ou moyennant une somme symbolique (article 21, paragraphe 5, du DSA). Les frais de l'organisme sont facturés à la plateforme. L'organisme doit vous informer de ses frais, ou de leur mode de calcul, avant le début de la procédure.

Non. L'article 21 du DSA vise les litiges relatifs aux décisions de la plateforme, « y compris » ceux que la réclamation interne n'a pas résolus : il n'en fait pas une condition. Le considérant 59 vous laisse le choix entre la réclamation interne, le règlement extrajudiciaire et le juge.

En principe, non : les deux parties s'engagent de bonne foi avec l'organisme choisi (article 21, paragraphe 2, du DSA). La plateforme ne peut refuser que si un litige portant sur les mêmes informations et les mêmes motifs a déjà été résolu, ou, selon le considérant 59, fait déjà l'objet d'une procédure en cours devant un juge ou un autre organisme.

Si elle refuse en dehors de ce cas, vous pouvez le signaler au coordinateur pour les services numériques de votre pays (article 53 du DSA).

La décision n'est pas contraignante : l'organisme « n'a pas le pouvoir d'imposer aux parties un règlement du litige contraignant ». Mais la plateforme doit s'engager dans la procédure de bonne foi « en vue de résoudre le litige », et publier dans ses rapports de transparence la proportion de litiges pour lesquels elle a mis en œuvre les décisions des organismes (article 24 du DSA). Et vous gardez à tout moment la possibilité de saisir le juge.

Oui. Vous pouvez choisir « tout » organisme certifié, et le considérant 59 précise que la certification vaut dans tous les États membres. Vérifiez seulement que l'organisme traite les litiges dans votre langue et que votre litige entre dans son domaine d'expertise.

L'article 21 du DSA ne fixe aucun délai pour saisir un organisme. Le délai de six mois de l'article 20 du DSA ne vaut que pour la réclamation interne auprès de la plateforme. Chaque organisme précise ses propres conditions de saisine dans son règlement de procédure : consultez-le avant d'agir.

Rien de plus que la somme symbolique éventuellement demandée au départ. Vous n'avez pas à rembourser les frais ou dépenses de la plateforme, sauf si l'organisme constate que vous avez manifestement agi de mauvaise foi (article 21, paragraphe 5, du DSA).